portrait-M-Costiou

Michel COSTIOU

Toutes les vies pourraient être rapportées à une danse, plus ou moins rythmées, légères, enchainement d’appétits, de peines et de doutes. Celle de Michel Costiou, s’inscrit dans ce ballet.

Des Pyrénées de son enfance, il rejoint le Toulouse de ses jeunes années, puis Paris qu’il parcourt à pied avec le plaisir de l’architecture, l’atelier de peinture de Chapelain Midy, les opéras Bastille et Garnier, Quimper qui l’accueille en résidence. Il y aura des allers et presque toujours des retours dans chacun de ces lieux.

Les interprètes entrent en scène dans les différents actes de ces différents décors, en particulier le directeur du Capitole ; il ouvrira à Michel et une bande de jeunes bohèmes, à la fois, la loge d’honneur de ce théâtre pour chaque nouvelle représentation, et un monde de la danse inconnu jusqu’alors.

Les personnes importantes de son existence vont faire partie d’une série d’évènements simultanés ou apporter leur pierre à ce spectacle en partie improvisé.
Une épreuve de dessin lui ferme l’accès à l’Ecole des Métiers d’Art, mais le conduit à intégrer les Beaux-Arts, une sélection réussie pour devenir élève de l’école Estienne en fait l’un des étudiants de la première section créée autour du Bauhaus.

Plusieurs mois et un vrai travail sur lui-même seront nécessaires au lâcher prise et à la reconnaissance de son talent. Juliette, qu’il connait depuis toujours ou presque est venue s’installer avec lui à Paris, dans une période où il va se découvrir. Comme dessinateur dans le pavé des plus grands opéras parisiens, il réalisera plus de 4000 croquis produits dans la pénombre des représentations qui, sur lui comme sur les acteurs, font peser le même trac des premières minutes envolé avec le plaisir du spectacle qui commence.

Au cœur de ces enchainements, c’est lui qui a pensé, imaginé la chorégraphie autour de son travail, de ses découvertes et de ses apprentissages. Il a découvert que l’occupation de l’espace, le rythme et le temps donnent un autre regard sur le corps et l’expression. Comme professeur à l’Académie d’Art Roederer, il va modifier les cours de modèles vivants, prélude à une véritable étude sur le mouvement, avec danseurs, mimes et acteurs.

A partir de 2003, rien ne semblait le destiner à la faïence quand il s’est attaché à la réalisation d’une cinquantaine d’œufs à la manufacture HB Henriot pas plus qu’on ne l’attendait dans le monde de Francis Arsène, l’Alchimiste du Zinc des toits de Paris. Le mélange des personnalités, des connaissances et passions verra la mise en scène d’évènements où participeront des danseurs, modèles, chanteurs, ses amis du monde du spectacle, et la réalisation, à partir de trésors de zinc, de ses toiles inspirantes.

Chacune des œuvres présentées par Atelier V porte une trace de cette chorégraphie humaine.