Face à Face

carton FACEAFACE
A propos de l'exposition

Quand on veut parler de Valérie Roubach, on a envie de laisser parler ses sculptures.

« Créatures nées de son imagination, nous aimons penser que nous sommes la représentation de sa vision du monde et de son désir de le rendre pénétrable au merveilleux, ce que nous avons de meilleur à dire.

Dans l’histoire de Valérie Roubach, peu de choses posaient problème pour nous imaginer. Une volonté d’apprendre et le temps en ont fait une passionnée de technique. Les pièces d’objets démontées, jetées, abandonnées, et parfois oubliées, sont un jour, posées sur le stand d’une brocante, lâchées au milieu d’un marché aux puces. Son regard, sa curiosité nous ont donné la chance d’une nouvelle existence matérielle. Elle est venue nous chercher et dans ses mains, nous allions devenir vivantes. »

Je vide ces caisses sur ma table et je me laisse faire par ces pièces faussement silencieuses de ce qu’elles portent de leur passé. J’aime me retrouver face à elles, elles qui se retrouvent face à mes rêves, à mes envies et à mes doutes. Je laisse venir, je travaille sur plusieurs sculptures en même temps, je ne me pose pas de questions et j’ai quelquefois le sentiment qu’il me suffit de tendre l’oreille pour savoir comment les associer. Dans la bulle de solitude et de musique de cet espace je les assemble, je les reconstruis, métissés et bigarrés, dessalés et chaloupés.

« Dans d’autres mains, on nous aurait peut-être repensées comme de petits automates. Mais voilà, aucun levier, aucune poulie ou courroie ne nous permet en réalité de reproduire les mouvements et attitudes d’un être vivant, rien, sauf ce que vous trouverez des regards décalés qu’elle nous a donnés, tout ce que vous imaginerez de notre mode de vie, de notre goût de vivre.

Un jour, elle a cherché à poser le monde sous nos yeux. Alors elle est sortie, les yeux ouverts, elle voulait avoir les yeux partout, les yeux dans le dos, des yeux pour les couleurs, des yeux pour la rencontre. Nous avons rêvé les images qu’elle allait peindre avec cette boite à capter des corps déstructurés, à renverser des personnes la tête en bas, à mélanger le vivant et la pierre, à contempler devant, tout en voyant derrière, à envier les âmes qui regardent la lune d’en haut.

Grâce à ces escapades, aujourd’hui exactement comme vous, dans la douceur de l’automne finissant, on se délectera du spectacle de la rue qu’elle a redessiné au travers de ses photos à notre image, vivantes et insolites. »

*les parties en gras du texte sont extraites du billet de Luc Le Vaillant paru dans Libération le 15 novembre 2015
http://www.liberation.fr/debats/2015/11/15/on-s-embrassera-en-abominables-pervertis_1413569